questions diverses

Le SEL, c’est du troc ?

 

Pas du tout. Dans le troc, deux personnes échangent au même moment deux choses qui ont à peu près la même valeur. Dans le SEL, l’unité d’échange permet de transférer, à différentes personnes et différents moments, des services, des savoirs ou des biens qui ont des valeurs différentes.



 

Comment fixer la valeur d’un échange ?

 

A Liffrél, comme dans la plupart des autres SEL, on considère que tout travail a la même valeur. C’est donc le temps qui fixe la valeur : 1 grain de sel par minute de travail (ou 60 grains de l’heure). Il est important de se mettre d’accord avant l’échange sur les éventuels frais annexes : transport, carburant de la tondeuse prêtée, matériel à usage unique apporté par l’offreur...

 


 

Mais alors, pour un objet, comment faites-vous ?

 

C’est vrai que c’est un peu plus délicat. Mais on peut raisonner de la façon suivante : "Ce fauteuil que me propose Lucie, combien de temps suis-je prêt à passer pour l’acquérir ? " En fin de compte, le montant d’une transaction est toujours fixé de gré à gré entre deux adhérents. Et lors d’une bourse d’échange, il est souhaitable que chaque offreur ait affiché le montant estimé de son objet.

 


 

Ce n’est pas grave d’avoir un compte SEL en négatif ?

 

Pas du tout. Comme dans la plupart des SEL, chacun commence avec un compte à zéro. Si j’ai versé 200 grains de sel pour la guitare de David, son compte devient positif mais le mien, négatif, remontera au fur et à mesure que j’écoulerai mes confitures à 25 grains de sel le pot. Ainsi, dans un SEL, il y a nécessairement des adhérents qui ont un compte négatif, et d’autres un compte positif. C’est normal et indispensable. Ainsi, la somme des montants de tous les comptes est égale à zéro. A Liffré vous commencez avec un solde de 300 grains de sel.

 


 

On peut rester dans le négatif indéfiniment ?

 

Non, le SEL de Liffré fixe des limites : entre - 2000 et + 2000 grains de sel. Si un adhérent atteint cette limite, on lui rappelle les règles. Néanmoins, il peut arriver que l’on dépasse ces limites temporairement.

 


 

L’adhésion et la cotisation c’est la même chose ?

 

OUI, la première cotisation de 5 € vaut pour adhésion sur l’année en cours, et chaque adhérent renouvelle spontanément sa cotisation tous les ans. Toutefois, pour les adhérents des deux derniers mois de l’année associative la cotisation est valable pour l’année suivante.

 


 

Qu’est-ce qui m’empêche de partir avec un compte négatif ?

 

Lors de l’adhésion vous avez accepté le règlement intérieur qui indique clairement que l’on doit remettre son compteur à zéro avant de partir. C’est un engagement moral. Un débit constitue un engagement à rendre au groupe des biens, des services, ou des savoirs. Or, dans le SEL, entre les personnes qui se rencontrent et font connaissance naît la confiance en même temps que l’engagement moral. En pratique, ça suffit pour que ce genre de comportement irresponsable soit très rare.

 


 

Quelle garantie a-t-on sur la qualité des biens ou des services proposés ?

 

Aucune. C’est aux adhérents de discuter, pour savoir si l’un a le niveau de qualification que souhaite l’autre ou ce qui se passe si l’objet tombe en panne le lendemain, afin de se mettre d’accord avant l’échange. Pas de solution toute faite, ça passe par la discussion et la confiance. En cas de problème, le collectif d’animation du SEL peut intervenir.

 


 

Et pour les assurances ?

 

Chaque membre est responsable de lui-même. En cas de problème, c’est l’assurance responsabilité civile individuelle qui doit remplir son rôle.

 


 

Les grains de sel finalement c’est une monnaie comme des euros ?

 

Non le grain de sel n’est pas une monnaie, c’est une unité d’échange. Une monnaie peut se capitaliser, se dévaluer, pas le grain de sel. Une monnaie peut rapporter des intérêts, pas les grain de sel. Au Sel il n’y a pas d’aggios !

 

 

 


 

Les échanges de services c’est du travail au noir ?

 

Non, d’ailleurs notre règlement intérieur indique que les membres du SEL s’engagent à ne pas offrir dans les échanges les services qu’ils proposent au public dans le cadre de leur activité rémunérée.
Certains SEL acceptent le travail des professionnels. Dans ce cas le professionnel doit déclarer en euros son revenu en estimant sa correspondance avec les unités du Sel et payer la TVA. Par exemple, si je suis garagiste, je peux aider quelqu’un à repeindre sa cuisine sans rien déclarer, mais si je répare sa voiture, je dois le déclarer.
Le SEL ne nuit pas au commerce local : si Marie demande à Bernard de l’aider à retapisser son appartement parce que ses fins de mois sont difficiles, c’est un autre artisan ou commerçant qui bénéficiera de l’argent économisé par Marie.
Plus il y a de convivialité et de rencontres, plus il y a d’échanges, plus se créent des liens de proximité, entraînant de nouveaux échanges. Au SEL on a coutume de dire que le lien vaut plus que le bien.

 


 

Mais moi je n’ai rien à proposer !

 

C’est ce que dit chaque nouvel adhérent ! Pourtant chacun possède une richesse à donner aux autres : faire de la pâtisserie, du bricolage, proposer les noix de son jardin, raconter des histoires aux enfants, écouter celui qui a un gros coup de cafard. Tout le monde, enfants, retraités, chômeurs, a quelque chose à proposer. Il suffit d’être à l’écoute de ses différences.
C’est fou ce qu’on peut découvrir alors comme nouveaux échanges. Quelques exemples...